Le Domaine de La Doges

La maison principale est complétée par une ferme agricole et viticole et une tour habitée. Situation: Domaine de La Doges - Ch. des Bulesses 154 – 1814 La Tour-de-Peilz.

Le domaine de La Doges a été légué à la Société d'art public en automne 1997 par Monsieur André Coigny et son épouse Odette Coigny-de Palézieux à titre de témoins de l'habitation d'une famille vaudoise bourgeoise aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles.

Dans cet esprit, la maison de maître a été léguée avec le mobilier et les objets faisant partie de la vie quotidienne d'une famille bourgeoise de cette période. Les différents locataires des pavillons, de la ferme et de la tour restaient prioritaires pour ces locations et devaient bénéficier de loyers raisonnables.

Grâce au capital laissé par  Monsieur et Madame Coigny et aux subventions cantonales et fédérales, les premiers travaux consacrés à la restauration de la toiture et des façades ont pu être réalisés de 1998 à 2000.

Afin de respecter les vœux des légataires et  maintenir ce précieux témoin, Patrimoine suisse - Section vaudoise entretient la maison et le domaine de La Doges avec soin mais en évitant toute modernisation, et fait vivre cet héritage en organisant régulièrement des journées portes ouvertes ainsi que des concerts.

Aujourd'hui, Patrimoine suisse - Section vaudoise a son siège à La Doges et tient ici son secrétariat, ses séances de comité et ses diverses commissions.

Deux intendants habitent sur place avec la charge de veiller au bon entretien du domaine et à sa sécurité. Ils participent au développement des activités culturelles et assurent le maintien de bonnes relations avec les locataires, le voisinage et les autorités locales.

Historique des derniers propriétaires privés

André Coigny 1925 - 1997

Pour situer André Coigny, nous vous proposons de remonter à son grand-père, l'avocat Émile Gaudard, conseiller national, Abbé-président de la Confrérie des Vignerons de 1899 à 1940, période des Fêtes des Vignerons de 1905 (René Morax - mise en scène et livret, Gustave Doret - musique, Jean Morax - dessins des costumes) et 1927 (Édouard Vierne et A. Durec - mise en scène, Pierre Girard - livret, Gustave Doret - musique, Ernest Biéler - dessins des costumes). C'est assez rare qu'un Abbé-président soit à la tête de deux Fêtes des Vignerons pour le signaler.

La fille aînée d'Émile Gaudard, Marguerite, épousa Charles Coigny, architecte DPLGF (diplômé par le gouvernement français) dont André Coigny fut le fils cadet de leurs cinq enfants et 17 ans plus jeune que l'aîné de la famille, devenant orphelin de père à l'âge de dix ans.

Si son père, Charles Coigny, a été diplômé  par le gouvernement français, c’est qu’il n’y avait pas d’école d’architecture à cette époque en Suisse, et que Charles avait dû aller faire les Beaux-Arts à Paris disposant alors d'une section Architecture. Il a édifié plusieurs bâtiments dans la région, dont, quelques exemples, la Salle del Castillo de Vevey, communément appelé le Casino du Rivage (1908), la Gare de Vevey, le Pavillon de Mottex à Blonay et l'ancienne poste de Vevey à la place de la Gare, pour cette dernière en collaboration avec les architectes Burnat & Nicati…

André Coigny a suivi des études universitaires à Lausanne, les terminant par une licence en droit, puis une activité bancaire pendant quelques années.

Son sens de l'humour était particulièrement développé, ainsi que son attachement aux traditions, comme aux plaisirs de la table.

Notre cousin germain avait à une période de sa jeunesse connu "la vie de château". Nous le  mettons volontairement entre guillemets, car il a habité, jeune homme, avec sa mère, quelques années au Château de l'Aile à Vevey, dans le corps de logis bordant la cour d'entrée du Château.

Il s'intéressa très tôt aux diverses formes d'art, peinture, mobilier, musique, participant au comité de la section Musique d'Arts & Lettres, à Vevey. Il s'occupa également du Musée historique du Vieux-Vevey comme conservateur, au moment de son transfert du Musée Jenisch au Château à Vevey.

Membre du Cercle du Marché à Vevey, André Coigny a activement participé à la rédaction d'une plaquette célébrant le 175e anniversaire du Cercle fondé en 1818. L'avant-propos de ce livre illustré mentionne : « Travail fondamental que celui d'André Coigny, notre membre, qui dans un texte tout de vivacité, de finesse et d'humour, évoque nos membres fondateurs… »

Son entrée au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à Berne remonte à 1958, tout d'abord en stage à Berne, puis attaché d'ambassade à Bonn.

Affecté dès 1960 successivement à Berne et  conseiller à la légation de la Suisse à Madrid, il revint à la centrale en 1966.

André Coigny épousa dans l'intervalle en 1963 Odette de Palézieux, veuve et sans enfant, devenue propriétaire du domaine de la Doges au décès de son premier époux, Jean de Palézieux du Pan.

Le domaine de la Doges bien que possédant une tour n'est pas un château, mais une maison de maître, bordée d'un vignoble.

Nous l'avons tout de même associé à cette étude sur les châteaux viticoles à Lavaux.

André et Odette Coigny

Pour l'amateur d'antiquités et d'art, en particulier de gravures anciennes, pouvoir par son mariage vivre au domaine de La Doges, en plein vignoble de Lavaux, fut pour André et Odette Coigny une satisfaction immense.

L’amour qu’il  avait pour la maison et ses jardins se traduit par tout ce qu’il ne cessa de faire avec Odette pour embellir l’intérieur, avec son goût et sa culture en matière d’antiquités, sa connaissance des objets et sa recherche d'une esthétique très classique.

Il est vrai que les vues aériennes de l'ensemble du domaine de La Doges, avec sa tour donnent bien à ce magnifique domaine un air de château.

 

Une nouvelle vie commençait pour eux deux, car André et Odette Coigny-de Palézieux partirent en 1972 à Athènes où André fut transféré en qualité de conseiller d'ambassade et premier collaborateur. En 1977, ce fut un nouveau transfert à Bruxelles. Depuis 1982, il fut Ambassadeur à Sofia, en Bulgarie. Pendant toute cette période, La Doges ne fut pour eux qu'une résidence de vacances très appréciée. André Coigny fut mis au bénéfice d'une retraite anticipée en 1986 pour raison de santé. Il regagna avec son épouse le domaine de La Doges, où ils vécurent jusqu'à leur décès, successivement en mars et novembre 1997.

Lorsque André  parlait de ses amis occupant la tour de La Doges, il précisait bien que ce type d'habitation à la verticale demandait réflexion, car si l'on avait oublié son mouchoir, il en coûtait trois étages aller-retour; mais la vue circulaire exceptionnelle de l'endroit est à ce prix !

Nous sommes persuadés qu'André et Odette Coigny n'ont jamais rêvé plus beau que leur domaine dans son superbe état actuel, après restauration, avec ses vignes en terrasses, cultivées par la vénérable Confrérie des Vignerons. C'est sur cette belle image que nous terminons le récit de ces quelques souvenirs.

Par testament, André Coigny, décédé le 25 novembre 1997, a légué le domaine de La Doges à la Société d'art public devenue section vaudoise de Patrimoine Suisse (Heimatschutz), afin qu'il reste un témoin de l'habitation bourgeoise des XVIlle et XIXe siècles. Il a légué d'autre part le vignoble à la Confrérie des Vignerons, en souvenir de son épouse Odette, de l'Abbé-président André Falconnet au XVIle siècle et de ses aïeux, Louis Baron et Émile Gaudard, tous deux Abbés-présidents aux XIXe et XXe siècles.

 

Sitographie des propriétaires actuels :

www.patrimoinesuisse-vd.ch www.ladoges.ch


Informations par courriel :

info@sapvd.ch info@ladoges.ch

Le vignoble de La Doges



Le vignoble du domaine de La Doges est devenu propriété de la Confrérie des Vignerons par legs du testament de Monsieur André Coigny-de Palézieux. Cette magnifique parcelle de vigne, pentue et bien orientée, est d'une grande utilité pour la Confrérie des Vignerons, en collaboration avec le Centre de recherches fédéral de Changins, pour développer la culture de la vigne de notre région.

 

 

Le domaine de La Doges en appellation viticole de Lavaux

Parmi les appellations de Lavaux au sens cantonal, figure la Riviera de Vevey-Montreux. Cette dernière n'est cependant pas retenue au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis son entrée en 2007. C'est donc bien le vignoble de Corsier-sur-Vevey qui détermine la limite à l'Est.

Pour terminer cette évocation de Lavaux dans laquelle se trouve le domaine de La Doges, relevons que l'appellation officielle définie par le canton de Vaud se poursuit à l'est jusqu'au château de Chillon, le monument le plus visité de Suisse (320'000 à 350'000 visiteurs par année).

 

 

 

 

 

 

 

Textes extraits de  l’article de M. Philippe Margot, journaliste, rédacteur du livre numérique

« LAVAUX – ses Châteaux viticoles ».